Pas de message de service
La sécurité civile en France a connu au fil du temps de profondes transformations destinées à réduire la vulnérabilité des territoires et à relever les défis de la protection des populations. D’abord dénommée « défense civile » visant à protéger les populations en période de conflit, devenue ensuite la « protection civile » pour correspondre à la sécurité en temps de paix. Aujourd’hui dénommée « sécurité civile », cette mission s’efforce de donner une plus large part à la prévention et à l’anticipation et bénéficie d’une solide organisation ; elle est devenue une référence sur le plan international. Cependant l’évolution récente de la nature des risques, de leur intensité, de leur fréquence, ajoutée à une demande accrue des populations et à une multiplication des acteurs intervenants dans ce domaine appelle de nouvelles approches et de nouvelles transformations. Les catastrophes naturelles ont été multipliées par cinq en quinze ans. À ce jour, deux tiers des 34 955 communes françaises sont exposées à au moins un risque naturel majeur. Le dérèglement climatique, l’amplification des phénomènes météorologiques extrêmes, les incendies et feux de forêt, les inondations, les crises sanitaires, les tempêtes, la sécheresse sont autant d’événements qui justifient une nouvelle approche du risque. Cela doit se traduire par une évolution du concept même de sécurité civile, plus inclusif, sachant davantage tenir compte de la réalité des évolutions et des territoires. Une nouvelle organisation de la sécurité civile doit permettre un décloisonnement à tous les échelons territoriaux afin de renforcer le continuum et l’efficacité de cette mission. Cela nécessite également la mise en place de nouveaux moyens tenant compte de l’évolution des risques mais aussi des charges de chacun, de ses capacités à les assumer dans une logique d’équité et de solidarité nationale. La mission a formulé un certain nombre de préconisations qui visent à mieux partager la culture du risque dans un double objectif d’efficacité et de cohésion sociale, et portant sur les axes suivants : développer la culture du risque, moderniser la gouvernance et clarifier les compétences, mieux prendre en compte la réalité du territoire, renforcer les moyens de sécurité civile et les adapter à l’évolution des risques, anticiper et innover. Le risque est aujourd’hui devenu une cause nationale qui justifie la mise en place d’une organisation repensée et de moyens appropriés. Le Président de la République dans sa lettre de mission a souhaité « engager des transformations majeures pour affronter des risques devenus plus forts, plus variés, plus aléatoires, plus intenses et faire évoluer la doctrine pour nous adapter, anticiper et mieux protéger les Français ».